UN DOCUMENT EXCLUSIF INFOSDEFENSE.COM

Ce document accompagné d’un témoignage que nous publions prouve bien que nos confrères et ex-otages, Hervé Ghesquière et Stéphane Taponier, ont été avertis par un militaire une heure avant leur enlèvement sur la route menant à Tagab en décembre 2009.

Le titre s’étale en gros caractères sur le journal Le Progrès de juin 2011 : Hervé Ghesquière: « On n’a pas pris de risques inconsidérés ». Puis le reporter et ex-otage rajoute : « J’ai entendu sur des chaînes de télévision, des analystes et d’anciens reporters de terrain qui ont dit: l’armée française les avait bien prévenus, ils allaient au devant de graves problèmes, de graves périls. C’est absolument faux. Personne ne nous a rien dit. Que cela soit clair », a assuré Hervé Ghesquière à qui veut l’entendre, les traces sont encore sur quelques sites d’information comme ici sur ce lien (journal Le Progrès) ou sur Le Figaro aussi.

Pourtant, les deux journalistes ont bien été avertis, c’est un fait que nous pouvons affirmer. Un fait confirmé par les sources de InfosDefense.com. Elles sont trois. Trois sources dont deux militaires, l’une de ces sources est le dernier militaire qui, le 30 décembre 2009 vers 10H00 a renseigné, averti du danger et vu pour la dernière fois Hervé Ghesquière et Stéphane Taponier, tous deux journalistes travaillant pour France Télévisions. Ledit militaire, Bertrand (le prénom a été modifié pour des raisons de sécurité) est à ce jour le seul et unique soldat français qui a décidé – après de longues négociations et une attente de deux ans – de nous parler clairement et de nous fournir des preuves. S’il le fait c’est pour une seule raison: il souhaite « que les citoyens français sachent la vérité ».

Ce 30 décembre 2009, après un reportage « embarqué » avec l’armée française, les deux journalistes avaient décidé de quitter Kaboul pour retourner interroger des habitants mais sans présence militaire. Hervé Ghesquière et Stéphane Taponier, ont été enlevés quelques minutes plus tard après l’avertissement de ce soldat français. Ils passeront 547 jours en captivité.

Bertrand, le dernier militaire à les avoir vu libres, a écrit un rapport à ses supérieurs daté du lendemain de l’enlèvement des deux journalistes. A la rédaction nous avons procédé à plusieurs vérifications d’usage :

1) Le rapport est-il vrai ou un faux grossier ? Il s’agit bien d’un véritable rapport, le fichier original a été vérifié par un expert en informatique, il provient d’un ordinateur utilisé en opérations extérieures.

2) La source du rapport est-elle crédible ? Oui, la source est plus que crédible, c’est une connaissance personnelle et professionnelle de l’auteur de l’enquête et rédacteur en chef de InfosDéfense.com, Jean-Paul Ney.

3) Ce rapport est-il confirmé par d’autres sources ? Oui, ce rapport a été confirmé par plusieurs sources dont un civil et un officier travaillant au Ministère de la Défense, cette authentification a eu lieu début 2012.

4) Pourquoi nous publions cette information si tard ? Nous avons promis à notre source de la protéger, elle n’est plus militaire à ce jour. De plus nous avons du procéder à d’autres vérifications car ces preuves sont graves.

minutes avant leur enlèvement. Nous avons surligné en jaune les passages importants du rapport. Nous avons supprimé des informations pour la protection de nos sources.

Compte rendu confidentiel du militaire qui a vu les deux journalistes une heure avant leur enlèvement. Nous avons surligné en jaune les passages importants du rapport. Nous avons supprimé des informations pour des raisons de sécurité et surtout pour la protection de nos sources. (c)INFOSDEFENSE.COM

A propos de ce rapport, Bertrand nous explique : « Le rapport était adressé à nos supérieurs en Afghanistan, ainsi qu’à l’État-major de la brigade à laquelle j’appartiens. Tout le monde était sur les dents, comme je suis rentré dans la boucle parce que je les ai vus, j’ai appris qu’ils avaient été raccompagnés à l’aéroport par un membre de la communication juste après la fin de leur reportage officiel avec l’armée sur place. L’officier de communication devait s’assurer de leur départ vers la France. J’ai alors compris qu’ils avaient passé outre les consignes de sécurité données par les officiers, parce qu’ils ne devaient pas être là, en effet, les officiers de communication leur avaient dit de rentrer à Paris ».

Ce que les lecteurs doivent savoir c’est qu’un « embarquement » avec les forces militaires comporte un contrat moral et écrit (un document sur les règles de sécurité) entre les reporters et les militaires, des règles doivent être respectées des deux côtés.

Les journalistes-militants qui crient à la censure militaire ne connaissent pas les dangers que comporte un reportage en zone de guerre. Pourtant, à chacun son métier, à chacun ses spécialités. « Les deux journalistes se sont retrouvés dans une zone dangereuse, en plein milieu d’une opération de la Task Force », nous confirme l’une de nos sources. Pas question de censure donc, mais d’opération militaire avec les risques qui vont avec: « C’est une zone de combat, pas la Foire de Paris, n’avaient-ils pas terminé leur reportage avec nos forces ? Pourquoi insister quand ils ont été prévenus plusieurs fois, c’est de l’imprudence caractérisée » rajoute l’un des militaires.

Le mot du rédacteur en chef, Jean-Paul Ney

En conférence à l'ISTC de Lille (de gauche à droite) Eric Dussart (La Voix du Nord), Jean-Paul Ney et Jean-Louis Normandin (Otages du monde).

En conférence à l’ISTC de Lille (de gauche à droite) Eric Dussart (La Voix du Nord), Jean-Paul Ney et Jean-Louis Normandin (Otages du monde). 2010.

Nous avons patienté deux ans avant de publier cette preuve irréfutable de l’irresponsabilité de mes deux confrères. Le faire pendant le Prix Bayeux des correspondants de guerre semblait idéal pour une bonne piqûre de rappel quant à nos droits et nos devoirs. Hervé sera sur place, peut-être l’occasion pour lui de faire son mea-culpa face à ce document et ces preuves ?

Nos droits sont, et je le dis ici, illimités. Pour l’information, toutes les méthodes sont bonnes. C’est mon point de vue. Personne ne m’empêchera d’aller chercher l’information où elle se trouve, et j’en assume l’entière responsabilité. Ayant été sous le feu à plusieurs reprises depuis plus de 15 ans de métier, puis otage du régime Gbagbo pendant 497 jours (17 mois), je pense avoir ici la légitimité de contester les méthodes de mes deux confrères.

Nos devoirs, sont le ciment de notre métier, ce ciment commence à prendre avec la confiance de la parole donnée et du respect des règles. Quand je suivais nos militaires de l’Afrique à l’Amérique du Sud, du Moyen-Orient aux Alpes françaises, dans leurs VAB, dans leurs hélicos, dans leurs sous-marins, sur leurs terrains, je me pliais aux règles de sécurité, pour moi et pour eux. Se mettre en danger est une chose, mettre en danger son hôte en est une autre. C’est donc une question de respect et de sécurité, elle ne peut pas être effacée d’un coup de main ou d’un coup de tête « pour le droit à l’information » ou un hypothétique « équilibre » de l’information, excuse bidon si chère à certains rédacteurs en chef… (alors que d’autres font tout pour sauver leurs journalistes). Les paramètres d’un reportage en zone de guerre sont si difficiles à interpréter et à gérer. Impossible de les comprendre depuis un confortable fauteuil parisien…

 Attendre la fin d’un embarquement pour repartir en roue libre n’est pas la bonne méthode, que les amis et confrères de Hervé et Stéphane aient le courage de leur dire, ce sera leur rendre service. La meilleure des solutions aurait été de rentrer à Paris, décompresser, puis repartir. Là, les militaires n’auraient pu rien dire car ils n’étaient plus du tout sous leur responsabilité. « Ils étaient venus suivre l’armée française et partaient faire de l’investigation dans les zones insurgées » avait alors évoqué l’officier de communication. Nos deux confrères ont brisé la règle numéro 1 en reportage sur une zone de guerre : le changement de zone et d’angle du reportage. Faire les deux à la fois est risqué, surtout si vous avez été observé avec les militaires et si votre présence a été signalée. La base du reportage en somme. Et en effet, ils ont été vendus par des afghans qui les avaient déjà repérés depuis longtemps…

En 2006, alors embarqué avec une unité Druze de l’armée israélienne en pleine guerre contre le Hezbollah, j’ai pu quitter le bunker où j’étais pour passer du côté libanais, c’était très facile, et j’aurais pu filmer les gars du Hezb qui étaient un peu plus loin. Mais par respect des règles d’embarquement et de sécurité, je ne me suis pas aventuré dans cette zone seul, même avec un guide pour rester en accord avec l’agrément tacite que j’avais avec les combattants druzes.

Le second-maître Jonathan Lefort du commando Trépel était chargé d'empêcher le transfert de Stéphane et Hervé au Pakistan.

Le second-maître Jonathan Lefort du commando Trépel était chargé d’empêcher le transfert de Stéphane et Hervé au Pakistan.

La faute incombe aussi aux rédacteurs en chef, aux producteurs et aux chaines de télévision, qui n’ont AUCUNE connaissance des risques que l’on peut prendre sur le terrain. Ils veulent toujours plus, toujours plus loin… Le sujet embarqué avec les soldats ne leur suffit plus, il faut filmer le camp d’en face très vite avant de rentrer, ça coute déjà si cher…

Hervé, Stéphane, je vais vous faire une révélation: un homme est mort pour empêcher vos ravisseurs de vous faire passer au Pakistan, il s’agit de  Jonathan Lefort, un militaire de 28 ans intégré aux forces spéciales et positionné non loin de la frontière avec le Pakistan. Il a donné sa vie pour vous sécuriser, c’est ça le scoop. La moindre des choses Hervé, surtout toi, serait de reconnaitre ton erreur.

Moi aussi, Hervé et Stéphane, j’ai travaillé à vous faire libérer, alors que je sortais à peine des geôles de Gbabgo, j’ai porté le petit bracelet bleu, et tout en parlant de mon expérience face à des étudiants, (voir aussi l’article sur La Voix du Nord) j’évoquais le souhait de votre libération prochaine et je vous défendais – parce que ce n’était pas le temps de la polémique – de Paris à Lille jusqu’à Perpignan. J’ai assumé mes erreurs et remercié un par un, les hommes qui ont risqué leur vie dans l’ombre pour me retrouver.

Depuis quelques mois déjà Stéphane travaille en région et non plus à Paris.

Hervé, tu es donc encore dans le système parisien, fais prendre conscience aux rédacteurs en chef, aux producteurs, aux chaines, que nous ne sommes pas des machines à sous, surtout pas pour ce genre de reportage aussi risqué. L’information n’est pas une denrée pour requins sauvages, c’est un don que nous faisons à nos concitoyens. Prendre des risques oui, mais sans trahir la confiance des militaires qui ont autre chose à faire que de jouer à la garderie…

On appelle ça « la politique de la terre brulée », oui Hervé tu sais de quoi je parle. Là où Hervé et son caractère passent, les confrères ne trépassent plus… Règle numéro 2: le comportement en zone de guerre, penser qu’on va laisser la porte ouverte pour le prochain confrère.

Quand on est journaliste sur une zone de guerre, de surcroit embarqué avec des militaires, on évite de ressortir son militantisme et de parler mal à des hommes et des femmes qui risquent leur vie chaque jour, encore une fois Hervé, tu sais très probablement de quoi je parle.

Méditez mes amis, méditez et soyez humbles.

Jean-Paul Ney, fondateur, rédacteur en chef.

Mise à jour et correction – Le 11/10/2013 à 11h28 : Stéphane Taponier est toujours journaliste et travaille désormais en région, selon l’un de nos confrères de France 24. Merci à lui pour la précision. 

Mise à jour et correction – Le 11/10/2013 à 12h54 : Rajout de l’article de La Voix du Nord « Hervé Ghesquière et Stéphane Taponier, onze mois à penser à eux ».

 

La rédaction a accordé un droit de réponse à Hervé Ghesquière

Si je fais ce droit de réponse, ce n’est pas pour ajouter de la polémique à la polémique. Je veux juste rétablir les faits. Rien que les faits, uniquement les faits.
Le site infosdefense.com affirme diffuser un document exclusif et donc une information inédite. Il s’agit d’un rapport militaire révélant que Stéphane Taponier, trois accompagnateurs afghans et moi-même ont rencontré un soldat français une heure avant notre enlèvement sur la route de Tagab dans la province afghane de Kapisa, le 30 décembre 2009.

Et bien oui, cette information est vraie ! Je l’ai moi-même révélée dans mon livre « 547 jours » paru chez Albin Michel il y a un an déjà, en septembre 2012.
A la page 20, je raconte :
« Nous arrivons enfin à une bifurcation. Le dilemme, tourner à droite ou à gauche ?
Je vois alors un blindé français garé juste au carrefour. Je descends rapidement et m’adresse au seul soldat visible sur le toit du véhicule.
Je suis journaliste français. Vous connaissez la direction de Tagab ?
Cela ne peut-être qu’à gauche, car de l’autre côté c’est la base de Tora et j’en viens, me répond le type, un colosse au crane rasé.
Il a un fort accent slave, je remarque qu’il appartient à la légion étrangère. Pas étonnant, elle est présente à Tora où nous sommes allés au début du mois de décembre.
Vous connaissez la situation sur la route de Tagab ?
Non, répond sans hésiter le soldat, je n’ai jamais dépassé ce point.
Aucune information et toujours pas d’avertissement à propos de risques éventuels. »

Voilà donc un beau « scoop » qui tombe à l’eau. Il suffisait juste de lire mon livre et ainsi s’épargner des semaines d’enquête.

En revanche, si la rencontre avec le légionnaire est bien réelle, le rapport publié par infosdéfense pose problème. Sur le fond, le soldat ne nous a pas averti que la zone était à risque. C’était d’ailleurs une évidence pour tous. Il n’est pas nécessaire d’avoir fait l’Ecole de guerre pour savoir que l’Afghanistan est un pays dangereux, surtout quand on vient d’y passer plusieurs semaines avec l’armée française.
Par ailleurs, le légionnaire nous aurait conseillé de nous rendre auprès de son chef en poste dans un village situé 500 mètres en arrière. Puis selon ses dires, il nous laisse partir en toute confiance, sans vérification ni alerte radio. Tout cela est étrange et bien loin d’une surveillance militaire en règle. La réalité est beaucoup plus simple et n’a pas besoin de justification nébuleuse : le légionnaire ne nous a jamais préconisé d’aller voir son supérieur hiérarchique.

Deux autres détails sur les faits. La voiture dans laquelle nous roulions n’était pas une Carina mais une Toyota Corolla break, l’un des véhicules les plus courants dans le pays. Par ailleurs, je n’étais pas installé à l’avant mais à l’arrière de la voiture, le siège avant étant réservé à Stéphane Taponier qui filmait.

Enfin, je m’interroge sur la forme de ce rapport.
Si il est vrai, il n’a pas pu être rédigé par le légionnaire que nous avons croisé sur le bord de la route, car sa pratique du français ne lui permettait pas de le formuler dans un langage aussi administratif. Je me pose donc plusieurs questions : qui a vraiment écrit ce document, distillé autant de mensonges et dans quel but ?
L’autre hypothèse, que je ne peux exclure, est que ce rapport est tout simplement un faux.

Je voudrais aussi indiquer à l’auteur de l’article que nous ne devions pas rentrer en France le 28 décembre 2009 après notre reportage avec l’armée française en Kapisa.
En total accord avec le chef du service de presse à Kaboul et bien entendu avec mes rédacteurs en chef (émission « Pièces à conviction », France 3), nous devions repasser 4 jours avec les militaires du 31 décembre 2009 au 3 janvier 2010 en Surobi, une région voisine de la Kapisa. La précision ne nuit jamais.

Pour conclure, je ne peux pas passer sous silence la mort d’un soldat, Jonathan Lefort tombé en Kapisa par une sombre nuit de décembre 2010 sous le feu des talibans. L’article d’infosdéfense nous accuse d’être à l’origine de son décès. C’est une rumeur lancinante et terrible qui revient périodiquement depuis que nous avons été libérés. J’ai à plusieurs reprises demandé à des militaires de haut rang et à des correspondants défense si notre responsabilité était avérée. A chaque fois, la réponse a été « NON ». Catégorique.
Pendant nos 18 mois de captivité, une quarantaine de soldats français sont tombés en Afghanistan et je ne compte pas les blessés. Sommes nous responsables de cette hécatombe ?
Pour ma part, j’exprime à nouveau mon plus profond respect pour ces hommes. Je pense à leurs familles et à leurs proches meurtris à jamais.

Pourquoi tant d’opprobre et de haine à l’encontre de journalistes qui n’ont fait que leur métier ? Journalistes et pas communicants ! Devrais-je me justifier toute une vie pour avoir simplement voulu informer à propos du conflit afghan ?

Dans une guerre, la première victime, c’est la vérité.

38 Responses

  1. Tonio

    Bonjour et merci,

    Pourquoi faut-il autant de temps dans notre pays démocratique des droits de l’Homme pour informer, preuves à l’appui que des menteurs se présentent impunément comme des journalistes professionnels ?
    Pourquoi la parole d’un journaliste honnête est-elle nécessaire pour faire éclater la vérité et celle d’un militaire insuffisante ?
    Pourquoi le chef des armées, informé par ses chefs d’état-major, n’est pas intervenu pour corriger les effets de ce scandale ?
    Pourquoi poser encore et toujours ce genre de questions ?

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  2. Jean-Paul Ney

    Cher Tonio,

    Il faut prendre le temps de vérifier cette information et cette preuve. Ensuite il faut respecter le souhait de la source et la protéger, c’est ce que nous avons fait. L’essentiel c’est que l’information et la vérité sortent tôt ou tard.

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  3. Civil éclairé

    Merci pour cet article.
    J’ai hâte de connaitre la réaction d’Hervé Ghesquière et également de voir si votre article sera repris dans la presse/TV/Net grand public.
    Mes pensées au second-maître Lefort.

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  4. suzyt

    Le fait est assez rare pour pouvoir le souligner, Monsieur Jean-Paul Ney je salue votre honnêteté intellectuelle, car je me souviens de la colère rageuse de votre confrère,et de ses déclarations indignées après son retour en France, et le quasi silence de son compagnon d’infortune. Merci à vous

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  5. Leman74

    Merci Mr Ney de sortir la vérité même si cela arrive tard après les vérifications. Ce qui est désolant aussi c’est l’attitude de nos chefs militaires qui ayant ce rapport sous les yeux, n’ont jamais communiqué la vérité en laissant Ghesquière raconter ses mensonges. Vu de loin comme l’on peut l’être, il nous apparaissait toujours que Taponier était beaucoup plus modeste, voir discret et semblait gêné par l’attitude de son confrère, aurait il fait l’objet d’un chantage pour qu’il se taise?

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  6. fiflo

    Pourquoi l’armée n’a jamais publié les 2 documents qu’ils ont signés, le premier en langue anglaise que l’armée Us leur ont présenté, et la même en français que notre armée leur a donné à lire et à signer leur indiquant qu’ils rentraient dans une zone dangereuse. Mon fils était sur place étant du 13ème BCA, et à bien dit qu’ils ont pris plus de risques pour les retrouver, et sortait plus souvent qu’à l’accoutumé, et donc augmentait le risque d’accrochage.

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  7. Jean-Pierre Dickès

    Simple question. Combien de journalistes, hommes politiques, amis et parents étaient à l’aéroport pour accueillir les deux « héros » quand ils ont été libérés ? On s’en est tapé sur les médias pendant deux jours.
    Combien de médias ont rendu compte du retour du corps de Jonathan Lefort qui a donné sa vie pour eux. et leur imprudence ? A mon avis, personne. Qu’il repose en paix ! Mais je sais dans mon coeur qui est le véritable héros de cette triste affaire.

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  8. Le Reporter

    Rien à redire. Jean-Paul Ney apporte enfin la preuve tant attendue. Du boulot très pro, de haut vol. Ca change des zournalistes zozos. Je puis me permettre de juger, ayant été le « garde du corps » de plusieurs grands reporters dans des zones chaud les marrons pendant plusieurs années. Demandez à ces grands si les deux loulous se sont bien comportés ? Vous aurez des surprises. Heureusement que Ney a des couilles en béton pour sortir la preuve du merdier. Merci pour les milliers de soldats dans le silence, merci Maréchal Ney !

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  9. Grégory

    Je rejoins la question de fiflo: pourquoi l’armée n’a-t-elle pas rendu publique ces documents. En fait, de quoi fallait il protéger la source ? Pourquoi fallait il attendre qu’elle quitte l’armée ? Tout ces éléments semblent indiquer que l’armée souhaitait couvrir ces journalistes contre sa propre image et celle de ses soldats. Est ce bien le cas ?

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  10. Ant-Thuan LeToccard

    Bravo à Infosdéfense. Vous passez sur tous les médias ! enfin la vérité ! et le mamouth (avec la fôte d’ortograf, il est OU ????)

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  11. Kapouet

    Merci, simplement .

    Merci de rappeler que le journaliste n’est pas « l’oeil de Dieu » et que tout ne lui est pas dû.
    Merci de souligner que tous les journalistes ne sont pas « par nature » honnêtes.
    Merci de témoigner votre soutien encore à ceux qui vous ont soutenu pour faire votre travail.

    J’aurai encore tant de choses à dire sur le cas Ghesquiere, mais je ne veux plus lui accorder la moindre minute.

    Enfin, contrairement à ce que les mauvaises langues laissent dires, les militaires aiment montrer leur travail aux journalistes car ils aiment leur métier.
    Malheureusement, les prouesses du compagnon G., mettent à mal à l’ensemble de votre noble profession.

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  12. fifrelin d'infanterie de marine

    Et cependant, les militaires, humbles et cultivant la retenue, continuent à éprouver moins d antipathie à l’égard des journalistes que ces derniers n en éprouvent à leur encontre..

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  13. indien47

    Les seuls responsables :nos politiques et nos officiers généraux qui secouent le cocotier
    et qui se gavent de la mort des autres,les journalistes qui veulent faire du scoup à tout pris et qui mettent nos militaires en situation de danger,je sais de quoi je parle car j’ai pratiqué le métier des armes 30 ans dans les troupes de Marine (rappelez vous la guerre du golf) ??

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  14. fouad

    Bravo pour votre courage et merci pour cet excellent article. Mais j’ai peur qu’il ne soit intentionnellement non relayé par les médias classique et fasse pchit. Ils nous ont fait pleurnicher pendant plus d’un an ils ne s’en prendrons pas à leur confrères.

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  15. Robert

    J’ai entendu dire que certains « observateurs » des FS avaient logé le lieu de détention et avaient pu voir les otages, est-ce crédible ?

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  16. Marco

    Je dis bravo pour cet article, seulement, mise a part une piqure de rappelle des certaines règles des journalistes reporter, que va t’il se passer pour Hervé et Stéphane?
    Personnellement je pense que rien ne le sera reproché . Par contre, pour les prochains reporters qui seraient pris en otage, l’opinion publique aura probablement des doutes quant a leur responsabilité pour le fait de s’être fait enlevé.

    Une pensée pour le jeune Jonathan Lefort et à tous ceux qui ont donné leur vie pour protéger et sauver celles des autres. Bravo a lui.

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  17. felipe

    le prix du sang (le PM LEFORT) illustre un aspect occulté.
    au delà de la mort de notre camarade
    il faut comprendre que la présence des deux otages dans la zone d’action de la TFLF a incontestablement influé sur la conduite des opérations. dans bien des cas, et bien des opérations, le facteur otage a été un facteur limitant dans les modes opératoires. on en refait jamais la guerre mais peut-être que d’autres modes d’action utilisés auraient évité certaines pertes. ce qui est certain, c’et qui est certain : nombre de forces spéciales ont été déployées uniquement pour essayer de sortir les deux otages. pas d’otages = pas forcément autant de forces spéciales.
    quand georgelin a annoncé la facture en janvier 2010, c’était une manière élégante de dire que deux monsieurs ont emm…. l’action de la France pendant 500 jours. chapeau bas !!!

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  18. mayflower

    Le pire, qui me fait hérisser les poils, c’est qu’Hervé Ghesquière ait oser porter plainte contre un officier pour ne les avoir pas prévenu du danger

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  19. fred

    L’armée est au service de l’Etat, de son ministre et plus encore de son président, Chef suprême des Armées. Alors si les ordres sont : Cela ne doit pas sortir. C’est la Grande Muette ne l’oubliez pas. Quand un journaliste sera de nouveau pris en otage, les militaires feront de nouveau tout leur possible pour allez le chercher au péril de leur vie même si ce dernier ne les porte pas dans son coeur, les critiques ouvertement, est un anti-militariste reconnu et ne s’en cache pas. Les militaires sont là pour servir. Sur le terrain souvent les journalistes c’est la plaie à gérer. Pas tous fort heureusement. Mais d’autres s’affranchissent des règles sous de prétextes fallacieux, idéologiques voire politiques. On aurait dû laisser M. Ghuesquière dans sa grotte à écrire ses mémoires. Combien nous a coûté cette blague. Nous comptons un mort dans nos rangs… Nous avons vu débarquer un héros fraîchement rasé applaudi par ses confrères, vedette de l’instant. Avait-il ne serait-ce qu’une pensée, qu’un mot pour ceux qui venait de le sauver ?

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  20. Betty

    Merci pour votre article très clair. Pour ma part je n’ai jamais cru aux allégations fournies par les journalistes amis des otages, ni aux explications de ces derniers. Au sein des armées personne ne semblait dupes face à toutes ces affirmations. Pour ma par je connais un peu les principes de sécurité mis en place pour nous protéger en opérations éxtérieures, même sur des sites moins exposés. Vous imaginez bien que pour ce qui concerne des civils les mesures de sécurité sont d’autant plus drastiques. Alors, non je n’ai jamais cru aux explications des deux journalistes. Et j’ai même été quelque peu ecoeurée par leur comportement à leur retour, même si effectivement ils ont subit une expérience particulièrement pénible. La décence aurait voulu qu’ils ne s’expriment pas, fassent profil bas. Tout au moins par respect pour le militaire tué pour leur libération. Car, non ! un militaire n’est pas là pour se faire tuer pour des inconscients. Ont-ils eu un mot, une pensée pour la famille de ce militaire ? J’espère que cette mise au point sera rendue publique. Mais la corporation journalistique voudra peut être protéger l’image de ses héros !!!

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  21. DC

    Je crois savoir que le LCL Jacky Fouquereau, l’officier de communication de l’unité de l’armée mise en cause par les agissements des dénommés Taponier et Ghesquière, a personnellement porté plainte contre ces deux individus pour diffamation suite à leurs allégations contre lui et son unité. Je ne sais où en est cette procédure, mais sauf à tomber in fine sur un juge « murdeconnesque », nul doute que le plaignant va l’emporter haut la main, surtout après ces révélations.

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  22. arthur

    Merci monsieur Ney pour ce témoignage, il était important qu’il sorte, que la vérité sorte. J’ai fait partie pendant 20 ans des forces spéciales (dont le commando Trepel). Le chef de groupe ayant mené l’action durant laquelle Jonathan est décédé était un de mes anciens hommes, il en a encore aujourd’hui gros sur le coeur, car il n’y a rien de pire pour un chef que de perdre l’un des siens au combat. Pendant ce temps là je voyais ces deux journalistes se pavaner à la télévision et être reçu en héros à France 3 qui s’étaient rassemblé pour les accueillir. a mille kms de là des hommes pleuraient leur frère et une famille son enfant. Oui je ne supporte pas ce genre de journalistes et pourtant durant ma carrière j’en ai vu des formidables à l’image de monsieur Patrick Bourrat. mais comme vous le dites, il y a un code, un respect mutuel à avoir. merci à vous pour ce témoignage.
    arthur (badge commando 6307)
    ps : je vous avais contacté il y a plusieurs mois au sujet d’un livre que j’ai sorti « toujours y croire »

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  23. Jobaline

    Yves Debay les avait bien cernés pourtant dans un article plein de vérité qu’il a écrit peu de temps après ; il connaissait bien leurs méthodes. Il est mort en sautant sur une mine (je crois), dont les circonstances restent louches encore aujourd’hui.

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    • Jean-Paul Ney

      on il est décédé en Syrie, tir de sniper ou tireur embusqué… nous pensons tous à lui, même ses ennemis et détracteurs le disent: c’était un homme extrêmement gentil et toujours prêt à aider et une autre qualité : la franchise ! … une pensée de la rédaction à Yves.

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  24. Centulle

    J’ai eu a connaitre dans les années 80 au 9eme RCP à Pamiers lors de période de réserve un Adjudant ou Adjudant Chef Ghesquière qui me semblait être un excellent Sous Officier. Je souhaite de tout cœur qu’il n’ai pas de lien de parenté avec cet Hervé Ghesquière. Ce serait trop déshonorant pour cette homme qui était apprécié de ses subordonnes

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  25. Aimérain

    Soldat pendant 30 ans, j’ai vu l’accueil réservé aux deux menteurs à leur arrivée dans les locaux de la télévision, j’en ai été écœuré, d’abord au vu des informations quotidiennes de nos chaînes françaises qui occultent une part importante des problèmes de notre pays et sont de moins en moins crédibles !!! et d’autre part, pour quel exploit ont ils été ainsi ovationnés ? S’être fait faire aux pattes comme des gamins malgré les consignes reçues, avoir mis une grande partie des forces sur le terrain en alerte maximum, et avoir provoqué la mort d’un excellent soldat qui valait beaucoup mieux pour notre pays que cette racaille de l’intox …. j’ai plein de mépris pour vous, messieurs !

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  26. pirate 48

    L’excellent mais hélas disparu suite à la mort en Syrie de son rédacteur en chef, ACTION avait, en son temps publié un article sur ces deux sordides individus et notamment signalé le fait que les journalistes devaient signer des documents pour suivre l’armée.

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  27. Véronique 75

    N’oublions pas surtout, que ce n’est pas 1 seul homme qui est mort à cause de ces deux tristes sires, mais TROIS HOMMES :les soldats CYRIL HUGODOT ET FLORIAN MORILLON, pour sécuriser leur rapatriement, comme l’a révélé Monsieur JEAN DE LA BATIE, dans sa lettre envoyée au président de France Télévisions.
    FLORIAN MORILLON avait 21 ans, CYRIL HUGODOT : 24 ans ET était père d’une petite fille de 4 ans.
    Cela doit être su du plus grand nombre.

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  28. Pgt

    Merci M Ney de rendre Justice,

    Rare de nos jours est l’expression de l’honnêteté intellectuelle et je ne peux qu’être agréablement surpris de voir cette vérité éclater au grand jour de manière aussi percutante, violente, abjecte.

    De fortes pensées pour saluer l’action (« normale » diront certains de nos concitoyens) de ceux qui servent notre pays parfois au prix de leur vie. Même s’ils en connaissent le prix à payer, on ne met pas en danger des gens par bêtise… Et, quel plus grand mépris peut-il y avoir en ne rendant pas hommage à la mémoire de celui à qui on est redevable, de celles et ceux qui ont oeuvré pour que vous soyez encore ici bas, à profiter des plaisirs de la vie ?

    Messieurs G et T, je vous laisse seuls face à votre conscience.

    M Ney, encore merci de faire votre métier avec sérieux ; je comprends votre besoin impérieux d’avoir attendu pour diffuser cette information.

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  29. boubou_blanc

    J’ai toujours à l’esprit une phrase de ce « grand » reporter de guerre : « on ne savait pas que c’était dangereux, personne ne nous avait dit… ».

    Faut-il être grand reporter de guerre pour savoir que la guerre est dangereuse ?

    Je veux bien croire à la dégradation de l’enseignement, mais à ce point, cela frise le suicide professionnel. Un reporter qui prépare aussi bien sa mission doitêtre viré sur le champ.

    En cas de doute, mon fils de 4 ans, qui n’a pas fait de grande école de journalisme l’a trés bien compris…

    Malheureusement, les conséquences de l’acte criminel de ces deux individus sont plus étendues que ces morts citées… Si les archives s’ouvraient avant que ces deux anti-héros ne tombent dans l’oubli, cela permettrait de remettre un peu de plomb dans la tête des chasseurs de scoop…

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  30. leedavid

    « Moi aussi, Hervé et Stéphane, j’ai travaillé à vous faire libérer, alors que je sortais à peine des geôles de Gbabgo, j’ai porté le petit bracelet bleu, et tout en parlant de mon expérience face à des étudiants »

    Merci de les avoir aidés :)

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  31. Libre expression

    En fin de compte, même pas besoin de preuve. Chacun savait, encore plus des journalistes ,que l’afgha n’est pas le club Med. Ces deux individus qui n’honorent d’ailleurs pas leur profession, ont pris des risques insensés et plus grave, en ont faire prendre à nos militaires sur le terrain. « Les c..s osent tout, c’est à cela qu’on les reconnaît. »

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